De la fête à la défaite

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 » Quand on la concentre ainsi dans un même lieu, la vitalité du Plateau éclate  » écrit le journaliste local Julien Rapegno. C’est exactement ça, la magie de la fête de la Montagne limousine, qui s’est tenue le week-end du 20 septembre à La Nouaille. Une 2e édition aussi enthousiasmante que la première, l’année dernière à Tarnac. Enthousiasmante tout simplement parce qu’elle rassemble. Il y a toujours des absents, mais on a le sentiment de se rassembler, d’être tous ensemble, de se tenir chaud pendant deux jours, comme les manchots sur la banquise. Sans cette fête, difficile de maintenir le lien avec les copains, connaissances, d’Eymoutiers et de Felletin, qu’une heure de route sépare. Sans cette fête difficile de connaître la petite commune de La Nouaille. On a encore de la marge parce que le Parc naturel régional fait 115 communes ! Dans cette fête, on peut réfléchir au problème de la forêt ou fabriquer des bâtons de laine avec ses enfants. On peut questionner le vivre-ensemble ou boire des litrons de bière pas locale. On peut écouter des chants orthodoxes à l’église et chanter L’Aziza avec le Pédalo Cantabile (karaoké mécanique), réfléchir à l’accueil des réfugiés ou vibrer face à un vrombissant spectacle de motos. Bien qu’à l’initiative de la population « engagée » du territoire, cette fête est à nouveau parvenu à embarquer des gens moins impliqués dans la vie locale. Car si clivage il y a, c’est peut-être plutôt là qu’il se situe, dans le niveau d’implication, d’appropriation du territoire. Si ce postulat fait débat (voir l’émission de radio sur « Pourquoi et comment construire une vie commune » http://radiovassiviere.com/2016/09/pourquoi-et-comment-construire-une-vie-commune/), les événements qui ont suivi montrent bien deux façons, opposées, de considérer la vie sur le territoire et la démocratie.

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Election révélatrice

En effet, juste avant la fête, le président de la communauté de communes Creuse Grand Sud, Michel Moine, a démissionné. Il s’était engagé à le faire si le projet de fusion qu’il défendait n’était pas accepté. Mais certains habitants, faisant partie de la population « militante », ont médiatisé le déficit de 4 millions d’euros et revendiqué le droit de s’inviter dans le débat local, en se réunissant, en assistant aux conseils communautaires, en faisant des propositions allant dans le sens de la démocratie participative. Parmi leurs idées : l’élection d’un bureau temporaire, un fonctionnement avec des présidences tournantes, la co-construction d’un projet de territoire (cf https://www.facebook.com/profile.php?id=100013588841954&fref=ts). Ils considèrent que la crise n’est pas une crise de gestion mais la crise d’un modèle et que c’est l’occasion de renouveler le système.
Leurs propositions n’ont pas été retenues par les élus… Trop audacieuses ? trop « connotées » ? On peut aussi se dire que les élus ont préféré rester dans les fonctionnements traditionnels car sous le choc et un peu dépassés par les événements… Rappelons que cette affaire est extrêmement grave, il est question de production de fausses délibérations. Pas le moment pour l’innovation ? Toujours est-il que le 5 octobre, un nouveau bureau a été élu, composé de visages connus, à l’instar du président Jean-Luc Léger (PS, conseiller départemental, maire de Saint-Marc-à-Loubaud) et d’élus de l’opposition. Les élus plus alternatifs n’ont pas convaincu et ont été écarté
(En savoir plus : http://radiovassiviere.com/2016/10/creuse-grand-sud-lelection-du-nouveau-bureau/
http://www.lamontagne.fr/limousin/actualite/departement/creuse/2016/10/06/l-apres-moine-a-creuse-grand-sud-jean-luc-leger-ps-s-impose-mais-il-sera-tres-encadre-par-la-droite_12101303.html).

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Tisser des liens

Que c’est difficile le vivre-ensemble sur la Montagne limousine ! Mais des acteurs comme le Parc naturel régional parviennent à tisser des liens, des initiatives comme la fête de la Montagne également. Comme le dit encore Julien Rapegno dans son article : « Il faudra encore peut-être quelques éditions avant qu’on puisse parler d’osmose entre l’important noyau militant de ce territoire et une population moins active au plan social et politique, mais il y a des fils qui se tissent : à La Nouaille, la défense des écoles rurales était un thème rassembleur. L’ambition ultime de la fête de la Montagne limousine n’est-elle pas de faire se rencontrer autour d’une bière (du Plateau) et d’une pizza (du Plateau), le zadiste et le carpiste ? Pendant tout le week-end, les chasseurs de La Nouaille, fair-play, avaient pris soin de poursuivre les sangliers loin du bourg. » Chasseurs qui se sont plutôt bien intégrés : « Robert, qui a bien aimé « le Mur de la mort » (spectacle de motos NDLR) est allé à la chasse samedi matin, mais il a tenu ensuite à se fondre dans la masse de cette jeunesse du Plateau que ses copains chasseurs affublent parfois de quelques noms d’oiseaux. »

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L’article de La Montagne sur la fête : http://www.lamontagne.fr/limousin/actualite/departement/creuse/2016/09/25/le-porto-alegre-des-alter-localistes-de-la-montagne-limousine-vient-de-s-achever_12086292.html

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