Un petit tour à la quincaillerie (numérique)

Ce samedi-là, on franchit la porte sous l’enseigne « Makita », et ce n’est pas pour acheter des vis à l’unité, comme naguère. La quincaillerie anciennement sise au 6 rue Maurice Rollinat à Guéret a déménagé il y a quelques années en périphérie de la ville. Les locaux ont depuis rouvert et changé de vocation : la quincaillerie numérique est un tiers-lieu en devenir. Ouvert en mars lors de la semaine du numérique, avec l’appui de la communauté d’agglomération et du Pays de Guéret*, le projet a moins d’un an pour faire ses preuves et s’installer plus durablement. A peine un mois après son ouverture, un passage à l’improviste révèle bien l’esprit des lieux : convivial, ouvert aux professionnels comme aux amateurs, aux associations comme aux particuliers… et didactique, pour ceux qui ignoreraient le terme de tiers-lieu : défini comme n’étant ni le domicile, ni le lieu de travail, mais un espace entre les deux, lieu de rencontres et d’activités diverses, ouvert aux pratiques, aux créations collectives et aux expérimentations. On y trouve quoi, s’il n’y a plus de vraie quincaillerie ? toujours des outils, en fait : – Un espace de co-working (donc un peu lieu de travail tout de même) avec sa connexion wi-fi, ses postes informatiques et ses bureaux plus ou moins temporaires. – Un lieu de création et de fabrication, avec ici une imprimante 3D, un scanner 3D et leurs postes informatiques dédiés. Fab-lab_Gueret – Un espace de convivialité, à la disposition des adhérents et autres associations souhaitant y présenter des choses (conférences, projections, concert, apéro-mix…) en assurant la buvette. Justement, on arrive pile pour le pôt de clôture de l’AG de la ressourcerie Recyclabulle, qui fait partie des associations partenaires et donc utilisatrices du lieu. Son siège social est ailleurs, mais Recyclabulle, en plus d’avoir meublé l’espace (donc : tout le mobilier est à vendre) vient ici pour des ateliers durant lesquels ils proposent des coups de main pour réparer des objets qui ne fonctionnent plus. Comme pour à peu près toutes les activités du lieu, il y a un terme anglais pour désigner ça, mais j’ai oublié lequel. De tels ateliers dans un lieu où l’on peut scanner puis imprimer en plastique (PLA, un plastique obtenu à partir de matériaux recyclés ou d’amidon de maïs, biodégradable mais plus résistant qu’on pourrait le croire) des objets de petite taille, ça n’a rien d’un hasard. Dans ce cas précis nos ancêtres appelaient ça « réparer », car les capitalistes n’avaient pas encore inventé des pièces qui cassent exprès selon le principe de l’obsolescence programmée. Pour innover face à cette régression sociale et écologique, on fait des sessions de bricolage avec ou sans impression 3 D. Car il faut savoir que les tiers-lieux mutualisent des ressources et mettent à disposition des connaissances dans un but d’innovation sociale, en français dans le texte. Pascal Breuzé, graphiste installé à la quincaillerie et familier du vocabulaire des tiers-lieux, utilise plein de mots étranges. Il y est en co-working, prépare un fab-media, un créa-lab et un festival de makers. Il traduit pour les ignares dans mon genre : avec son asso (les idiopathes) il prépare une gazette (papier et internet) qui rendra compte des innovations et infos locales; un festival qui présentera des artistes mais aussi des bricoleurs, qui plancheraient sur un même thème (par exemple une couleur); la mise en commun des connaissances fait partie des fondamentaux des tiers-lieux, tout ce qui est fait est sous licence libre créative commons, donc diffusable, réutilisable et éventuellement améliorable par qui veut. Plein de belles idées encore en chantier, mais une ébullition et une coopération certaine : ici on se côtoie, on s’échange des questions et des techniques, les projets fleurissent comme les bourgeons au printemps. Côté média, la radio RPG a installé un studio temporaire, qui fonctionnait H24 durant la semaine du numérique, et qui reprend régulièrement du service depuis, pour des émissions ou/et des formations aux techniques de la radio. Télim TV viendra également ici réaliser quelques-uns de ses programmes. Un peu sonnée par ces perspectives et ces pratiques du futur dans un bâtiment encore marqué par son passé (la déco n’est pas la priorité, ça donne parfois un certain charme), je m’apprête à quitter les lieux, lorsqu’Eric, un des deux « concierges » (terme officiel pour les coordinateurs des tiers-lieux, toujours là pour accueillir, renseigner et aider à l’organisation des multiples activités) me tend un tract pour le prochain « Muséomix« . Je ne connaissais pas l’existence de cette manifestation internationale, un « makeathon », qui aura lieu en novembre prochain dans un petit nombre de musées à travers le monde.  La liste sera dévoilée le 2 mai, mais à la Quincaillerie il y a déjà le flyer qui révèle que le musée de la Sénatorerie de Guéret participera à ces 3 folles journées (et nuits). Le futur me prend de vitesse, j’évoquerai Muséomix une prochaine fois. D’ici-là, les occasions ne manqueront pas de franchir la porte de cette quincaillerie pleine de promesses. http://www.laquincaillerienumerique.fr/ La Quincaillerie, 6 rue Maurice Rollinat, 23000 Guéret * pas seulement, voir la liste des partenaires sur le site ci-dessus. la_quincaillerie la_quincaillerie02

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