La nouvelle vie d’Adèle

DSC_0176_mini

A 30 ans, Adèle Amathe se consacre enfin à sa passion : l’élevage. Installée à Saint Rémy (19) depuis octobre 2012, cette battante vend en direct pas moins de 15 espèces de volailles fermières, des lapins et des œufs.

En classe de troisième, à Clermont, Adèle rêvait de poursuivre en lycée agricole. Ses parents, professeurs, la dissuadent : « sans terrain, ça ne sert à rien ». Va pour le lycée du bâtiment, à Egletons. Son BTS études et économie de la construction en poche, elle dirige des chantiers durant 5 ans, et sillonne le Cantal et ses alentours. C’est comme ça qu’elle rencontre son mari, Philippe, commercial en Corrèze, et emménage avec lui à côté d’Ussel. Leur fils naît en 2009. Un an plus tard, Adèle perd son père. « Là, j’ai changé de philosophie. Il ne faut pas attendre pour profiter de la vie ». Un déclic qui la ramène à son rêve : être agricultrice. Philippe soutient ce choix, et ils vendent leur maison en vue d’acquérir une propriété avec des terrains attenants : ce seront 3 ha du côté de Saint Rémy. L’ex-conductrice de travaux mène de front la réhabilitation du logement, une deuxième grossesse, et son Brevet professionnel de responsable d’exploitation agricole, à Cornil. Un stage dans une ferme de canard gras, un autre, plus éprouvant, dans un abattoir industriel, à l’été 2012, la décident à opter pour l’élevage de volailles fermières en plein air et en vente directe. Elle reprend l’activité d’une éleveuse creusoise, qui lui transmet ses emplacements sur les marchés d’Aubusson et Felletin, ainsi que du matériel, et fait construire une salle d’abattage à l’entrée de sa ferme, mise en service en mars 2013. Derrière, le chemin mène aux poules, oies et canards : 5 parcs et leurs cabanons flambants neufs, désinfectés et déplacés tous les 4 mois, soit la durée que passent les volailles sur l’exploitation. Quand Adèle les reçoit à 5 semaines, elles pèsent alors moins d’un kilo. « 5 semaines, c’est l’âge auquel est tué un poulet de batterie, qui pèse alors déjà 1,2 kg vidé. On se demande ce qu’ils leur donnent… Moi, je nourris mes bêtes au grain, je veux manger ce que je produis ! » Son camion l’emmène sur les marchés de producteurs jusqu’à Paris et elle multiplie les projets : un atelier de transformation, un dépôt à Ussel… Adèle se démène et a bon espoir de se salarier bientôt. Dans l’agriculture comme dans le bâtiment, on a peu l’habitude de voir des femmes aux commandes. Elle en rit : « Il faut avoir un peu de répondant. Et je suis blonde, en plus ! ».

 

les2ailes_clapiers

Les 2 ailes, Combefort, 19290 Saint Rémy

(un article publié dans le journal du PNR de Millevaches de l’hiver 2013)

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s